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FOOTBALL SENEGALAIS : Ligue Pro, un fardeau pour la FSF.

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La Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP) qui a été lancée en grande pompe en 2009 serait-elle en passe de devenir un véritable fardeau pour la Fédération sénégalaise de football (FSF) ? Tout porte à le croire. Durant ces trois dernières années, elle est devenue un gouffre à sous de la FSF alors qu’elle devrait plutôt être la «vache à lait» du football sénégalais. Radioscopie d’une instance plombée dans son envol.

« Qu’ils nous paient nos 50 millions ! » Tel le refrain d’une chanson, cette phrase est scandée par des membres de Génération foot qui l’entonnent sur les plateaux de télévisions, sur les ondes des Radios et autres colonnes des journaux. 

Le club de Déni Birame Ndaw attend donc de la FSF, deux chèques de 20 millions en tant que champion de la Ligue Pro et un autre de 10 millions en tant que vice-champion. Vous avez certainement noté une «incongruité» qui suscite des interrogations. Comment des clubs de Ligue Professionnelle peuvent-elles réclamer à une Fédération le paiement des primes de titres de champion ? C’est comme par exemple, si Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG allait réclamer la prime de champion de France à Noël Le Graët (président de la FFF) au lieu de s’adresser à Vincent Labrune, président de la LFP.

Comment en est-on arrivé à ce paradoxe à la sénégalaise. La raison est toute simple : la Ligue sénégalaise de football professionnel, n’est plus à mesure d’honorer ses engagements. Depuis trois ans maintenant, elle est au bord du gouffre pour ne dire en banqueroute.

300 MILLIONS DEJA INVESTIS

« Nous sommes à 300 millions d’investissements dans la ligue professionnelle». C’est la réponse que le Président de la Fédération sénégalaise de football a servie à notre confrère Adama Kandé de la 2STV suite à une question relative à la réclamation des primes par certains clubs.

Sans toutefois nier l’existence de cette «dette», Me Augustin Senghor, avance que les «primes dont mon club (Us Gorée, Ndlr) est aussi bénéficiaire, ne sont que des montants subsidiaires par rapport aux charges normales. La Ligue pro est certes un démembrement de la FSF, mais, nous ne sommes pas les débiteurs principaux. Nous venons juste en aide. Il ne faudrait pas non plus que les gens oublient qu’il y a plus de 400 clubs amateurs qui attendent, sans compter le football des jeunes, le football féminin, celui des régions».

Ce qui lui fait dire que «la Fédération prend en charge presque 90 % des charges de la LSFP», en listant le paiement des arbitres entre autres. Des sources fédérales ajouteront même les charges de fonctionnement de la 

LSFP, jusqu’à la location de son siège.

Et dire qu’avant que la FSF ne décide de voler au secours de son «enfant», c’est le Président Saer Seck qui mettait la main à la patte afin d’éviter que la LSFP ne meure de sa belle mort.

UN PROFESSIONNALISME SANS TELEVISIONS, NI SPONSORS…

La plus grande incongruité du professionnalisme au Sénégal, c’est qu’il ne remplit pas les critères d’un football professionnel. Nous n’allons pas réinventer la roue. Exceptée la Bundesliga où la première rentrée des fonds est la billetterie, tous les autres championnats comptent d’abord sur les droits de télévision, les sponsors, les abonnements et enfin des éventuelles subventions des collectivités locales.

Au Sénégal, les télévisions hésitent encore à débourser des millions pour miser sur notre football professionnel. Ce qu’il y a eu jusque-là, ce sont des partenariats où les deux parties se partageaient les dividendes des annonces.

L’autre incongruité, c’est l’absence de sponsors. D’ailleurs, c’est ce qui est à l’origine des ennuis financiers de la LSFP. Notamment la rupture du contrat avec Orange. Est ce l’opérateur de téléphonie qui aurait proposé un montant en deçà de celui des précédentes saisons, comme le soutiennent certains membres de la LSFP pour expliquer l’achoppement ? Ou bien est ce que c’est la LSFP qui aurait fait preuve de gourmandise en élevant la barre très haute sous le prétexte que le championnat était devenu de plus en plus attractif, comme nous le confient des sources de l’opérateur de téléphonie ? Mystère et boule de gomme !

Par ailleurs, on ne peut pas ne pas relever l’absence de package pour le bien du football sénégalais entre la FSF et la LSFP surtout suite à la qualification des Lions à la coupe du monde. Sur ce point, les dirigeants de notre football ont manqué de flair.

STARTIMES, UN CHEVAL DE TROIE !

Le 2 octobre 2018, on croyait que le football professionnel qui a longtemps pataugé, allait enfin voir le bout du tunnel avec la signature d’un contrat de sponsoring avec la firme chinoise StarTimes pour un montant de 11 millions de dollars (plus de 6 milliards F CFA) sur 10 ans. Que nenni ! 

Puisque quelques mois après, on se rendra compte que c’était du vent qui avait été vendu à la LSFP. Les Chinois qui avaient lorgné le marché de la Télévision numérique Terrestre (Tnt) finalement remporté par le groupe Excaf Telecom, vont chercher à procéder par contournement en écoulant leurs décodeurs dans les grandes agglomérations, alors qu’ils devraient de confiner dans les villages et autres hameaux. Ce que le groupe fondé par Feu Ben Bass Diagne a refusé. On débouche alors dans un blocage. Pourtant, la partie sénégalaise (LSFP) a rempli sa part du contrat. Ce qui n’est toujours pas le cas de StarTimes qui, visiblement comptait sur l’écoulement de ses décodeurs pour payer la Ligue Pro. Une telle attitude nous paraît inacceptable ! 

D’ailleurs, même le Chef de l’Etat, en pleine campagne électorale lors de la Présidentielle du 26 février 2019, avait refusé tout commentaire, préférant renvoyer l’affaire devant les juridictions compétentes. On attend encore que le préjudice subi soit réparé.

LE SOUTIEN DE L’ETAT TOUJOURS ATTENDU

Les économistes soutiennent qu’il n’appartient pas à l’Etat de créer de l’emploi. Il devrait plutôt faciliter leur création en allégeant par exemple certaines charges sociales et fiscales au secteur privé. Les 28 clubs, qui composent la LSFP, sont tous des S.A ou des SARL. Autrement dit, des sociétés régies par le droit positif sénégalais.

En France, par exemple, selon un rapport du Cabinet EY, quelques 7,5 milliards d’euros représentent l’impact économique généré par la filière du football professionnel au cours de la saison 2015-16. La LFP emploie près de 35.000 personnes, représentant 32 emplois par footballeur. Le personnel sportif et administratif des clubs professionnels a progressé de 51% en cinq ans et représente désormais près de 2.500 emplois. Ce qui fait du football français, un très gros contributeur fiscal.

Au Sénégal, l’Etat ne devrait pas perdre de vue que le sport en général ; le football en particulier est plus qu’une activité physique. On se souvient encore du séminaire de Saly ayant précédé la mise en place du football professionnel en 2009.

11 ans après, les acteurs attendent toujours et encore la contribution de l’Etat. Au-delà, de la mise en disposition des infrastructures sportives, une grosse subvention ne serait pas de trop pour le développement de notre football professionnel. Elle permettrait plutôt de soulager les présidents de club dont certains cherchent la queue du diable pour la tirer. Peut être que le séminaire du département des Sports prévu ce 1er octobre va esquiver une piste de solution devant permettre au football professionnel de sortir la tête de l’eau.

Par Abdoulaye THIAM

(Sud Quotidien)

Bonjourdakar


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