Sunday, April 11, 2021
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Début es violences électorales: ‘’L’exception sénégalaise’’ menacée

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Les confrontations politiques entre pouvoir et opposition doivent, selon une bonne frange de cette dernière, se régler sur le terrain par la violence.

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Ainsi, depuis quelques jours, des tentatives d’occupation de l’espace public ont été notées et des affrontements entre jeunes de l’opposition et forces de l’ordre déplorées.

Une situation qui a fait sortir le Médiateur Alioune Badara Cissé de sa réserve pour appeler au calme et bannir les actes de violence. Mais il n’est pas le seul, Seydi Gassama d’Amnesty-Sénégal comprend ces jeunes, mais bannit, lui aussi, tout débordement et lance un appel à des manifestations pacifiques.

Ces sorties, et bien d’autres, font suite à celle du Ministre de l’Intérieur Aly Ngouye Ndiaye qui promet que ‘’force restera à la loi’’.

Une situation qui mérite que l’on s’y attarde, étant entendu que le 20 prochain, la liste définitive des candidats admis va sortir et les manifestations vont peut-être prendre de l’ampleur en des proportions qui ne peuvent pas être mesurées actuellement.

De vraies craintes sont nourries si jamais les candidats Khalifa Sall et Karim Wade sont encore recalés, et cette fois-ci définitivement.

Pis, personne ne sait encore le mot d’ordre qui sera lancé par Abdoulaye Wade qui est en route et ce que les leaders du C25 vont décider de faire.

En tout état de cause, la violence n’est pas une stratégie politique acceptable en démocratie. Qu’elle vienne de mouvements privés comme les partis politiques ou des forces de police au sens large, en dehors des proportions acceptables de maintien de l’ordre, cette violence est à bannir avec force.

C’est pourquoi, les autorités qui ont en charge la lourde tâche de maintien de l’ordre, doivent créer les conditions d’exercice du droit de manifester pour ceux qui estiment que leurs doits ont été bafoués.

On peut en effet mener une bataille politique sans verser dans l’excès, les casses, les violences physiques, etc.

Il appartient à l’opposition réunie au sein du C25, d’examiner les stratégies et plans à mettre en œuvre pour atteindre ses objectifs tout en respectant l’ordre public et la paix sociale.

Car, par exemple, personne ne cautionne, chez nous, le terrorisme. Pourtant, c’est là une forme violence extrême, sans doute, de règlement de questions fondamentalement politiques. La religion n’étant qu’un prétexte de guerre, un moyen de rassemblement. Donc, ceux qui condamnent le terrorisme ne sauraient eux aussi verser dans une autre forme de fondamentalisme, fut-il politique.

Ce que nous voulons dire par là, c’est que la violence appelle la violence dans un cycle infernal avec un maigre résultat sur la question que l’on veut voir régler.

Ceci est d’autant plus vrai que nous sommes un pays extrêmement pauvre, avec des infrastructures insuffisantes, une mobilité réduite, des villes engorgées. Une journée sans travail est alors un lourd manque à gagner pour de pauvres citoyens dont la plupart vit de l’informel.

Nous ne pouvons pas ainsi nous payer le luxe de verser dans un cycle de violence pour des raisons électoralistes alors que les contradictions de cette nature peuvent être résolues autrement.

Par exemple, en 2012, Wade avait imposé son troisième mandat et essuyé l’une des plus grandes défaites de son parcours.

C’est la preuve par mille que les seules batailles politiques qui valent sont à chercher dans la capacité des uns et des autres à convaincre les électeurs.

Cela ne veut pas dire que notre système électoral est parfait, que la Justice est à équidistance des chapelles politiques et que les Sénégalais bénéficient de leurs droits constitutionnels de chercher à diriger le pays. Beaucoup de lacunes ont été notées à ce niveau. Et ceux qui protestent ont des raisons de le faire.

Mais, force est de reconnaitre que nous avons connu deux alternances malgré tout ce que l’on a pu dire sur le processus électoral, notamment le fait que le fichier soit piégé ou que le Ministre de l’Intérieur soit un partisan.

Il faut alors savoir raison garder et s’inscrire dans une posture républicaine de batailles politiques qui ne remettent pas en cause la stabilité de notre pays.

Car tous les pays africains qui se sont inscrits dans cette dynamique sont en train de le payer cher.

La preuve, en Côte d’Ivoire, la Cour pénale internationale a été incapable de rassembler suffisamment de preuves à charge contre Gbagbo et Blé Goudé, laissant les victimes de la violence post-électorale dans l’impossibilité de rentrer dans leurs droits à la réparation après sept ans de procédure.

Ainsi, l’histoire récente doit nous édifier sur les stratégies à adopter et nous permettre d’éviter d’entrer tristement dans l’histoire en allongeant la liste des pays africains instables.

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